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L'intégration de la Russie dans la communauté mondiale


 
 
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MessagePublié le: Ven Mai 13, 2016 5:01 pm 
Titre du sujet: L'intégration de la Russie dans la communauté mondiale

En surmontant les conséquences de la crise, la Russie doit atteindre un haut niveau technologique de production, de modernisation des principaux secteurs de la production sur la base des innovations et changer de système de gestion et d’information, écrit mardi l’hebdomadaire Delovoï Vtornik.

D’ailleurs, l’interprétation scientifique de la notion de "modernisation" est très floue. La modernisation des principaux secteurs de la production doit-elle être effectuée en acquérant et en imitant des projets occidentaux de haute technologie, ou bien grâce aux progrès scientifiques russes ?

A la fin du XIXème siècle et au début du XXème, la Russie avait accompli un grand bond dans la constitution d’un pays industriel développé en passant depuis les ateliers textiles jusqu’aux usines de constructions mécaniques modernes selon les notions de cette époque-là. Après la Révolution, la Russie a de nouveau tenté, tel un Phénix, de renaître comme État économique contemporain. La Nouvelle politique économique (NEP) appliquée à l’initiative de Lénine (à partir de 1921) avait offert cette possibilité en conservant le contrôle de l’État sur les monopoles naturels. Les idéologues de cette modernisation jugeaient nécessaire de développer le secteur de la consommation en passant ensuite à l’industrialisation. Mais ils furent tous victimes des répressions (Kondratiev, Iourovsky, Tchayanov et beaucoup d’autres) car les dirigeants staliniens voulaient assurer l’industrialisation aux dépens de l’agriculture et du secteur de la consommation. Le célèbre aphorisme de Churchill, « Staline a pris en mains un pays qui en était à l’araire et l’a laissé doté de la bombe atomique » pourrait être complété par les mots suivants « avec une population misérable ».

A présent, les dirigeants russes, pour la troisième fois, se sont attelés à édifier le capitalisme dans notre pays. Ils ont lancé un mot d’ordre de modernisation, des innovations, les nanotechnologies et les réseaux informatiques. La tentative de faire un saut dans le capitalisme électronique s’inspire, bien entendu, des discussions menées de longues années durant sur la mondialisation de l’économie et des relations internationales. La mondialisation est pourtant inséparable du problème de l’intégration réelle dans le système mondial.

En fait, avec la complaisance des précédents dirigeants russes, l’Occident a déjà intégré l’économie russe dans la communauté internationale. La nouvelle conception politique consistant à adopter les principes de la démocratie occidentale a trouvé sa concrétisation ces dernières décennies. Il s’agit une démocratie coloniale portant les traits spécifiques de domaines différents.

Dans le domaine économique, elle se réduit aux réformes libérales qui transforment l’économie des « nouvelles démocraties » en économie primitive reposant, pour l’essentiel, sur les matières premières et une monoexportation, pour l’essentiel d’hydrocarbures.

La privatisation rapide forme un marché peu efficace et non compétitif, et la propriété privée enrichit une élite restreinte en nombre.

Théoriquement, les dirigeants russes en sont conscients. Mais peut-on sortir de ce piège ? Il en découle un dilemme qui fait l’objet d’un débat entre les nombreuses forces politiques : faut-il se résigner et adopter la forme d’intégration qui nous a été imposée par l’Occident ou bien essayer de créer nous-mêmes une économie diversifiée et compétitive sur les marchés internationaux ?

Laisser les choses suivre leur cours actuel signifie vouer l’économie russe à une dépendance totale vis-à-vis de l’évolution des prix mondiaux du pétrole. Qui plus est, dans l’arène internationale, la Russie subira une forte pression non seulement de l’Occident, mais aussi, comme c’est à prévoir, de la part des pays de l’OPEP.

Les propositions de certains scientifiques russes de créer un système d’échange international des matières premières russes contre de hautes technologies occidentales sont peu prometteuses. Ces propositions ne tiennent nullement compte des intérêts des partenaires occidentaux. Selon la logique des spécialistes occidentaux, il est facile d’acheter du pétrole et du gaz naturel pour des dollars et des euros alors que la Russie doit acheter contre l’argent ainsi gagné des produits finis, et non pas des technologies liées à leur fabrication. L’échec de la transaction d’achat d’Opel est une des premières manifestations de l’application de cette politique. Par conséquent, la Russie a besoin d’intégration, mais uniquement sur la base du respect inconditionnel des intérêts nationaux de notre pays.

La tendance à assurer les intérêts nationaux se manifeste, avant tout, dans les domaines suivants :

- le développement primordial des secteurs de la science mondiale dans lesquels la science russe est déjà compétitive ou le sera dans les prochaines années ;

- la sécurité militaro-industrielle du pays. Le rééquipement total de l’armée russe en armes modernes, ce qui se répercutera favorablement sur l’exportation d’armements ;

- l’utilisation la plus efficace possible de la situation géographique de la Russie. Dans un contexte de développement scientifique, technique et économique impétueux des pays du Sud-est asiatique, du Japon, de la Corée du Sud et, dans les années à venir, de la Chine, la Russie peut devenir un pont de transit efficace entre l’Europe et l’Asie. Il est nécessaire de mettre en œuvre un projet d’investissement international de construction d’une autoroute de vitesse et d’une voie ferrée de grandes vitesses Est-Ouest. Ce sera une « Route de la soie » à hautes technologies du XXIème siècle.

- Il faut mettre à profit les avantages écologiques et économiques de la Russie par rapport à d’autres régions de la planète.

- Il convient de stimuler les processus de croissance démographique et d’accroître l’espérance de vie de la population russe.

On peut en tirer la conclusion que le problème de l’intégration et de la modernisation de la Russie actuelle est bien plus complexe que cela ne le semble à de nombreux hommes politiques et économistes. La Russie doit certainement continuer à jouer un rôle important sur le marché mondial des produits énergétiques. Mais les intérêts nationaux du pays sont bien plus larges et variés que les recettes provenant de la vente du pétrole et du gaz.

Nikolaï Petrakov est membre de l’Académie des sciences de Russie et directeur de l’Institut des problèmes du marché.
Publié en 2010
  
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